Signalétique PMR

PMR : ce que recouvre exactement le sigle

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Trois lettres qu’on associe presque toujours au fauteuil roulant. C’est l’erreur d’appréciation la plus coûteuse en aménagement : la notion est bien plus large, et une bonne part des personnes concernées entrent dans votre cabinet debout, sans que rien ne les distingue.

L’essentiel

  • PMR = personne à mobilité réduite. La notion est volontairement large : toute personne gênée dans ses déplacements, du fait d’un handicap, de sa taille ou de son état.
  • Elle dépasse largement le handicap reconnu : femme enceinte, personne âgée, parent avec poussette, patient sortant d’intervention, personne encombrée.
  • Pour les ERP existants, le texte de référence est l’arrêté du 8 décembre 2014, pris pour l’application du décret n° 2014-1326 du 5 novembre 2014.
  • Cet arrêté introduit des atténuations pour l’existant — dont la possibilité d’une entrée secondaire accessible quand l’entrée principale ne peut pas l’être.
  • Cette entrée de substitution doit être signalée et ouverte à tous en permanence pendant les heures d’ouverture.

Ce que le sigle recouvre vraiment

La notion de personne à mobilité réduite est large à dessein. Elle concerne toutes les personnes qui rencontrent des difficultés à se déplacer, que ce soit en raison d’un handicap, de leur taille ou de leur état. Elle englobe donc des situations permanentes et des situations temporaires, visibles et invisibles.

Concrètement, franchissent votre porte au titre de la mobilité réduite : une personne en fauteuil, mais aussi une personne âgée qui monte une marche avec appui, une femme enceinte en fin de grossesse, un parent poussant un landau, un patient qui repart avec des béquilles, une personne de très petite taille, quelqu’un dont la vue baisse, ou simplement une personne chargée.

C’est ce qui explique l’écart d’appréciation le plus fréquent chez les praticiens : on estime « recevoir très peu de PMR » parce qu’on compte les fauteuils. En réalité, la proportion de patients gênés par une marche, une poignée dure ou un couloir encombré est bien supérieure — et elle croît avec l’âge moyen de la patientèle.

Quatre familles de difficultés, pas une seule

Raisonner « fauteuil » conduit à ne traiter qu’une partie du problème. La réglementation d’accessibilité vise quatre grandes familles de situations, et chacune appelle des réponses différentes :

  • Difficultés motrices — largeur de passage, absence de ressaut, appuis, espace de manœuvre, effort d’ouverture des portes.
  • Difficultés visuelles — contraste, éclairage, repérage des obstacles, information en relief ou sonore.
  • Difficultés auditives — information visuelle doublant l’annonce orale, équipements d’aide à l’audition et leur signalement.
  • Difficultés cognitives — simplicité du cheminement, lisibilité des indications, pictogrammes plutôt que textes longs.

La signalétique intervient dans les quatre, mais elle est la réponse principale pour les deux dernières. Un cabinet parfaitement accessible en fauteuil peut rester impraticable pour une personne malvoyante si rien ne contraste, ou pour une personne désorientée si rien n’indique où patienter.

Le régime particulier des établissements existants

Construire neuf et adapter l’existant ne relèvent pas des mêmes exigences. Pour les établissements recevant du public existants, le texte de référence est l’arrêté du 8 décembre 2014, qui détaille les dispositions prévues par le décret n° 2014-1326 du 5 novembre 2014 modifiant le code de la construction et de l’habitation.

Cet arrêté reconnaît que le bâti ancien impose des contraintes qu’aucune bonne volonté ne lève : mur porteur, emprise sur le domaine public, escalier d’immeuble en copropriété. Il introduit donc des atténuations par rapport aux règles du neuf.

L’une d’elles intéresse directement les cabinets installés en pied d’immeuble : lorsque l’entrée principale ne peut pas être rendue accessible, une entrée secondaire peut être prévue comme alternative. Deux conditions l’accompagnent, et elles ne sont pas décoratives : cette entrée doit être signalée, et ouverte à tous en permanence pendant les heures d’ouverture.

Autrement dit, la solution de substitution n’est acceptable que si elle est réellement utilisable sans demander de l’aide : une porte latérale fermée à clé, qu’il faut signaler par interphone, ne remplit pas la condition. Et c’est bien un travail de signalétique qui rend l’atténuation valable — sans indication visible depuis l’entrée principale, personne ne saura que l’accès existe.

Ce que la signalétique doit rendre visible

Trois informations méritent d’être portées à la connaissance du public, et sont souvent absentes :

  • Où se trouve l’accès praticable, depuis le point où l’on arrive — pas seulement une fois qu’on l’a trouvé.
  • Quels équipements sont disponibles : boucle à induction magnétique, sanitaire adapté, place de stationnement réservée.
  • Ce qui n’est pas accessible, dit franchement. Une information honnête vaut mieux qu’un déplacement pour rien : c’est d’ailleurs la logique du registre public d’accessibilité, qui informe le visiteur sur les prestations réellement disponibles.

Sur les points dimensionnels — largeurs, hauteurs de commande, pentes, contrastes — appuyez-vous sur les textes applicables à votre situation plutôt que sur des valeurs mémorisées : elles diffèrent entre le neuf et l’existant, et c’est précisément là que les erreurs se logent.

Vos questions, nos réponses

PMR et personne handicapée, est-ce la même chose ?

Non. La personne à mobilité réduite est une notion plus large, qui englobe le handicap sans s’y limiter : elle vise toute personne gênée dans ses déplacements en raison d’un handicap, de sa taille ou de son état. Une femme enceinte, une personne âgée, un parent avec une poussette ou un patient qui repart avec une attelle sont des PMR sans être des personnes handicapées au sens administratif. C’est pourquoi le nombre de personnes concernées est très supérieur à celui des titulaires d’une reconnaissance de handicap.

Mon cabinet est ancien : suis-je soumis aux mêmes règles qu’un local neuf ?

Non. Les établissements existants relèvent de l’arrêté du 8 décembre 2014, qui prévoit des atténuations par rapport aux exigences applicables aux constructions neuves, en tenant compte des contraintes du bâti. Ces atténuations ne sont pas des dispenses : elles définissent des solutions acceptables, souvent assorties de conditions. Pour savoir ce qui s’applique à votre local, le service urbanisme de votre mairie et, si besoin, un bureau de contrôle sont les interlocuteurs compétents.

Puis-je utiliser une entrée secondaire pour l’accès des PMR ?

Oui, mais seulement lorsque l’entrée principale ne peut pas être rendue accessible, et à deux conditions cumulatives : cette entrée doit être signalée et ouverte à tous en permanence pendant les heures d’ouverture. Une porte de service fermée, qu’il faut faire ouvrir en sonnant, ne satisfait pas l’exigence. La signalisation depuis l’entrée principale fait partie intégrante de la solution : sans elle, l’accès existe sur le papier mais reste introuvable.

L’accessibilité se résume-t-elle à supprimer les marches ?

Non, et s’en tenir là laisse de côté une large part du public. Les difficultés visuelles, auditives et cognitives appellent d’autres réponses : contraste et éclairage, information visuelle doublant l’oral, signalement des équipements d’aide à l’audition, cheminement simple et lisible. Un local sans aucune marche mais sans repère visuel reste difficile à pratiquer pour une personne malvoyante ou désorientée.

Julien Juchereau

Julien Juchereau suit la réglementation de l’affichage et de la signalétique appliquée aux professions de santé libérales. Il décortique les textes — affichage des honoraires, accessibilité, sécurité — pour en tirer ce qu’un cabinet, une officine ou un centre de soins doit concrètement mettre au mur, et sous quelle forme.